Tolkien, un univers « fantastique »
J'ai découvert l'univers de J. R. R. Tolkien pendant mes études à travers ses deux œuvres principales que sont « Bilbo le Hobbit » et « Le Seigneur des Anneaux ». Si, dans une premier temps, je me suis diverti en partageant les péripéties de treize nains et d'un hobbit en quête d'un trésor protégé par un dragon, j'ai ensuite été captivé par une véritable quête initiatique opposant neuf compagnons à neuf seigneurs des ténèbres, les Nazguls, en vue de détruire un anneau de pouvoir. Ces deux livres ont fait l'objet de deux films qui, quoique bien réalisé, ont brisé l'imaginaire que je m'étais construit autour de la « Terre du Milieu » et de ses occupants.
J'ai depuis continué à m'intéresser à l'œuvre de ce professeur d'Oxford, né en 1892 en Afrique du Sud qui décède e n Angleterre en 1973, spécialiste de philologie La philologie consiste en l'étude d'une langue et de sa littérature à partir de documents écrits. C'est une combinaison de critique littéraire, historique et linguistique qui vise à rétablir le contenu original de textes connus par plusieurs sources, c’est-à-dire à sélectionner le texte le plus authentique possible, à partir de manuscrits, d'éditions imprimées ou d'autres sources disponibles. Lire plus , mais également poète qui est reconnu pour la complexité La complexité est un tissu de constituants hétérogènes inséparablement associés : elle pose le paradoxe de l'un et du multiple. Lire plus de ses histoires, la poésie La poésie est l'art d'évoquer et de suggérer les sensations, les impression, les émotions les plus vives par l'union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers. Lire plus de son écriture et la puissance de son imaginaire. Il a travaillé toute sa vie à son univers, qu'il désigne la plupart du temps la terre du milieu, qui est fantastique à plus d'un titre.
J. R. R. Tolkien a créé tout au long de sa vie une cosmogonie qui a été publié par son fils à titre posthume sous le titre « Le Silmarillion » qui décrit la création de son monde et de ses principaux personnages. Chacun des peuples de la Terre du Milieu possèdent ses propres traditions, ses langues, ses chants, ses légendes.
Il y eut Eru, le Premier, qu'en Arda on appelle Illuvatar ; il créa d'abord les Ainur, les Bénis, qu'il engendra de sa pensée La pensée peut traduire l'activité de l'esprit, la manière dont s'exerce l'activité de l'esprit ou la représentation que se forme l'esprit. Lire plus , et ceux-là furent avec lui avant que nulle chose ne fût créée...
Premières lignes du Silmarillion
Cette cosmogonie est complétée par un ensemble de contes et de légendes (inachevés et également publiés à titre posthume par son fils) associés à chacun des trois âges de la terre du milieu (l'histoire de Bilbo et du Seigneur des Anneaux se déroulant pendant le troisième âge).
J. R. R. Tolkien a produit un grand nombre de cartes pour aider le lecteur à « voyager » en Terre du Milieu, ces cartes ont d'ailleurs souvent été un support à son écriture. Ces cartes qui ont une forme archaïque, guident le lecteur sur les routes perdues des hobbits, sur les sentiers des elfes, sur la piste des géants de pierre et dans les mines des nains, sont également utilisés par les personnages des romans. Elles mentionnent les territoires, les mers, les reliefs, les cours d'eaux pour figer un espace où se déroulent des quêtes, des batailles, des rencontres avec des personnages fantastiques : le dragon Smaug au Mont Solitaire, le Balrog des mines de la Moria, l'elfe Elrond dans la vallée de Fondcombe, et bien d'autres. J.R.R. Tolkien emporte le lecteur dans son imaginaire en faisant en sorte que ces cartes soient également utilisées par les personnages de ses romans.
Mais je pense que ce qui m'a le plus enthousiasmé dans l'œuvre de J. R. R. Tolkien ce sont les nombreuses langues qu'il a inventées. Ce goût pour ces langues, fabriquées de toutes pièces est considérée par son auteur comme un vice secret. J. R. R. Tolkien propose pour chaque langue inventée une prononciation comme le témoigne plusieurs enregistrements où il récite des poèmes elfiques. Cet apport donne à mon sens une autre dimension, une « vie » à ses personnages (voir le lien qui renvoie à un enregistrement où il récite un poème elfique « Namarie » tiré du « Le Seigneur des Anneaux »). Outre des vocabulaires, des grammaires et des notes étymologiques, il a également inventé des calligraphies.

Certains associent J. R. R. Tolkien à la féérie du verbe car les langues inventées ne sont pas simplement des successions de mots, elles sont proposent des tournures comme par exemple cette formule de salutation elfique :
