Tison isolé
Un membre d'une Loge, précédemment assidu aux travaux cessa, un jour, de se rendre en Tenue. Après plusieurs mois, son Vénérable Maître décida de lui rendre visite.
C'était par un matin glacial que le Vénérable Maître trouva son Frère, seul à la maison, assis devant une flamboyante cheminée. Devinant la raison de la visite de son Vénérable Maître, le Frère lui souhaita la bienvenue, lui proposant une confortable chaise près du foyer de la cheminée et attendit. Le Vénérable Maître s'installa confortablement, mais ne dit rien. Dans un profond silence, il contemplait la danse des flammes tout autour des bûches qui se consumaient. Après quelques minutes, le Vénérable Maître prit un tisonnier et soigneusement saisi un tison ardent et le plaça sur un des côtés du foyer, bien à part. Puis, il se rassit sur sa chaise, toujours en gardant le silence.
Son hôte regardait tout ceci plongé dans une contemplation paisible. Puis, enfin, la flamme de ce tison isolé vacilla, diminua en intensité, jeta i, dernier éclat, puis disparu totalement. Bientôt le tison devint froid et mort. Pas un mot n'avait été prononcé depuis leurs salutations initiales. Le Vénérable Maître jeta un œil à sa montre et décida qu'il était temps de prendre congé.
Il se releva lentement de sa chaise, saisit ce tison froid et mort, puis le replaça au milieu du foyer. Immédiatement, celui-ci recommença à rougeoyer avec la même lumière et la même chaleur que tous les autres tisons du foyer. Comme le Vénérable Maître se dirigeait vers la porte d'entrée pour partir, son hôte lui dit, pendant qu'une chaude larme roulait sur sa joue : « Merci beaucoup pour cette brillante démonstration, mon Frère, je serai présent lors de la prochaine Tenue ! »